L’histoire du Musée national de Lubumbashi se construit à travers plusieurs projets, déplacements de collections et changements de bâtiment. L’exposition internationale organisée à Élisabethville en 1931 en constitue une étape : dès sa clôture, la transformation du pavillon belge en musée permanent est envisagée. Ce projet met toutefois près de quinze ans à se concrétiser.

Les collections réunies par Francis Cabu jouent un rôle central dans la naissance de l’institution. Après l’ouverture d’un musée provisoire en 1942, elles sont installées dans l’ancien pavillon belge, où le musée Léopold II ouvre ses portes le 1er janvier 1946. Géologie, minéralogie, zoologie, botanique, préhistoire et ethnographie composent ses principaux domaines. Des entreprises, des chercheurs, des missionnaires et des contributeurs congolais participent à l’enrichissement des collections. Parmi ces derniers figurent Kalunga Mwendanabo, gardien et collecteur d’objets tabwa, et Munyonga Mulekwa Mayi, gardien devenu sculpteur.

Le développement du musée s’accompagne de désaccords sur sa mission et sur la conservation des objets au Congo. Alors que ses responsables défendent une activité scientifique locale, le musée de Tervuren entend conserver un rôle central dans la recherche et privilégie une fonction éducative pour les institutions établies dans la colonie. Ces relations influencent le financement, la circulation et la présentation des collections.

Un nouveau bâtiment, conçu par Claude Strebelle, est construit entre 1960 et 1961. Les conflits liés à la sécession katangaise entraînent des pertes dans les collections et la destruction de l’ancien musée Léopold II en décembre 1961. Les objets sauvegardés sont rapportés à Lubumbashi en 1963 et transférés dans le nouveau bâtiment, qui accueille le musée provincial du Katanga. Des travaux financés par le gouvernement congolais se poursuivent entre 1972 et 1977.

À travers des photographies, des plans et des documents sur les collections, cet ensemble retrace la formation du Musée national de Lubumbashi et son évolution au cours des périodes coloniale et postcoloniale.

De l’exposition internationale de 1931 au Musée national de Lubumbashi, découvrez l’histoire d’une institution.

(Image) Élisabethville : de l’exposition de 1931 au Musée national de Lubumbashi

De l’exposition internationale de 1931 au Musée national de Lubumbashi, découvrez l’histoire d’une institution née des collections de Francis Cabu et...

Crédit : Collection et © MRAC Tervuren

De l’exposition internationale de 1931 au Musée national de Lubumbashi, découvrez l’histoire d’une institution née des collections de Francis Cabu et enrichie par de nombreux contributeurs, dont des Congolais. Installé en 1946 dans l’ancien pavillon belge sous le nom de musée Léopold II, le musée se développe dans un contexte de désaccords avec Tervuren sur la recherche et la conservation des objets au Congo. Après la destruction du pavillon en 1961, les collections sauvegardées rejoignent le bâtiment conçu par Claude Strebelle. Photographies, plans et archives retracent ce parcours, de la période coloniale aux transformations après l’indépendance.

Crédit : Collection et © MRAC Tervuren

(Image) Exposition agricole, 1922

L’exposition agricole organisée à Élisabethville en 1922 s’inscrit dans le développement des manifestations économiques de la ville, après une premièr...

L’exposition agricole organisée à Élisabethville en 1922 s’inscrit dans le développement des manifestations économiques de la ville, après une première exposition organisée par la Chambre de commerce en 1913. Elle met en avant l’agriculture et l’élevage du Katanga, considérés comme des activités essentielles à l’économie coloniale. Ces manifestations précèdent l’Exposition internationale de 1931 et témoignent des liens entre les activités commerciales, les institutions coloniales et la présentation des ressources du territoire.

Crédit : Photographe anonyme, 1922. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.1966.37.50. © MRAC Tervuren.

(Image) Exposition internationale, 1931

L’Exposition internationale d’Élisabethville de 1931 réunit des sections consacrées au commerce, à l’agriculture, à l’élevage, à l’industrie, aux arts...

Crédit : Photographe anonyme, 1931 et Maarten Couttenier, 16 août 2010. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.2004.6.6-18. © MRAC Tervuren.

L’Exposition internationale d’Élisabethville de 1931 réunit des sections consacrées au commerce, à l’agriculture, à l’élevage, à l’industrie, aux arts, au sport, à la finance et à l’habitat. La photographie montre l’entrée à droite et le pavillon belge à gauche, portant l’inscription « Belgique 1931 » sous sa coupole. Des entreprises et organismes comme l’Union Minière du Haut-Katanga, le Comité Spécial du Katanga, Cofoka et Trabeka disposent également de pavillons. Les contenus sont déterminés par les organisateurs européens, sans participation des Congolais à leur conception. Dès la fin de l’exposition, la transformation du pavillon belge en musée permanent est envisagée, mais elle ne se concrétise que près de quinze ans plus tard.

Le pavillon belge de l’exposition de 1931, devenu musée Léopold II en 1946, accueille une dernière exposition lors de la Foire internationale d’Élisabethville en juillet 1961. Selon l’article, il est accidentellement détruit lors d’un bombardement de l’ONU le 12 décembre 1961. La photographie prise en 2010 montre l’entrée et sa coupole, qui ont subsisté. Ce vestige se trouve alors dans la cour de l’école de la Gécamines, construite dans les années 1970 sur l’avenue désignée « Camayola » dans la légende.

Crédit : Photographe anonyme, 1931 et Maarten Couttenier, 16 août 2010. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.2004.6.6-18. © MRAC Tervuren.

(Image) Médaille commémorative

Réalisée par le sculpteur belge Arsène Matton pour l’Exposition internationale d’Élisabethville de 1931, cette médaille présente un joueur de cor sur...

Réalisée par le sculpteur belge Arsène Matton pour l’Exposition internationale d’Élisabethville de 1931, cette médaille présente un joueur de cor sur une face et une représentation stylisée de l’entrée de l’exposition, éclairée par les rayons du soleil, sur l’autre. Le musicien reprend un motif proche d’une autre sculpture en bronze du même artiste. Matton est également représenté dans la section artistique de l’exposition par une série de bronzes figurant des personnes congolaises selon les classifications employées à l’époque.

Crédit : V. Everaerts. Médaille d’Arsène Matton, 1931. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HO.1950.15.141. © MRAC Tervuren.

(Image) Exhibitions humaines, 1931

Le parc de l’Exposition internationale d’Élisabethville accueille des exhibitions de personnes, suivant des pratiques déjà présentes aux expositions d...

Le parc de l’Exposition internationale d’Élisabethville accueille des exhibitions de personnes, suivant des pratiques déjà présentes aux expositions d’Anvers de 1885 et 1894 et de Tervuren en 1897. L’article décrit leur organisation au Congo comme un transfert du dispositif des « zoos humains » sur le continent africain. Parmi les attractions annoncées figure une personne présentée sous le nom de « princesse Kameda », que la publicité désigne comme la plus petite femme du monde.

Crédit : Photographe anonyme, 1931. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.2004.6.6-20. © MRAC Tervuren.

(Image) Vue aérienne, 1931

Cette vue aérienne permet de situer l’Exposition internationale de 1931 dans Élisabethville et d’apprécier l’étendue de ses installations. Le site ras...

Cette vue aérienne permet de situer l’Exposition internationale de 1931 dans Élisabethville et d’apprécier l’étendue de ses installations. Le site rassemble le pavillon belge, les pavillons d’entreprises et différents espaces destinés aux activités et aux visiteurs. Une subvention du gouvernement belge contribue à l’aménagement des voies d’accès, du pavillon belge de 2 000 m², d’un jardin, d’une pergola, d’un stade et d’un restaurant installé dans les bâtiments de l’ancienne exposition agricole.

Crédit : Photographe anonyme, 1931. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.2004.6.6-21. © MRAC Tervuren.

(Image) Projet de musée, 1937

En 1937, l’architecte belge Jozef Schellekens dessine un projet de musée Albert Ier à Élisabethville dans le cadre de sa participation au Prix de Rome...

En 1937, l’architecte belge Jozef Schellekens dessine un projet de musée Albert Ier à Élisabethville dans le cadre de sa participation au Prix de Rome. Le programme comprend des salles d’exposition, des bureaux, une bibliothèque et des logements pour le personnel européen, ainsi qu’un jardin agrémenté de fontaines et de sculptures. Le musée doit réunir des collections d’ethnographie, de sciences naturelles, de botanique, de géologie et de minéralogie. Des matériaux locaux, notamment le grès du Katanga, et des toitures en cuivre sont prévus. Ce projet ne sera pas construit.

Crédit : Plans de Jozef Schellekens, 1937. RP.2011.6.62. Source indiquée dans la légende : Schellekens, 1937, p. 38. Aucun photographe ni titulaire de droits n’est précisé.

(Image) Atelier de sculpture, 1949

La photographie présente, de droite à gauche, Johan De Maegt, Munyonga Mulekwa Mayi, une statue et son modèle non identifié, dans un atelier situé prè...

La photographie présente, de droite à gauche, Johan De Maegt, Munyonga Mulekwa Mayi, une statue et son modèle non identifié, dans un atelier situé près du musée Léopold II. Employé comme gardien au musée, Munyonga apprend la sculpture auprès de De Maegt, qui possède un atelier dans une annexe de l’établissement. En 1949, il devient son assistant et développe ensuite ses propres créations, dont le Lancier Muluba, exposé au musée.

Crédit : H. Goldstein, Inforcongo, 1949. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.1956.15.7791. © Sofam.

(Image) Histoire naturelle, 1946

Cette scène de la section d’histoire naturelle représente un lion attaquant un zèbre. Offert par le musée de Bulawayo, dans l’actuel Zimbabwe, cet ens...

Cette scène de la section d’histoire naturelle représente un lion attaquant un zèbre. Offert par le musée de Bulawayo, dans l’actuel Zimbabwe, cet ensemble rejoint les collections présentées dans l’aile droite du musée Léopold II, consacrée notamment à la géologie, à la minéralogie, à la zoologie et à la botanique. L’article indique qu’en 1950, le manque de personnel scientifique et de taxidermiste qualifié limite encore le développement des collections botaniques et zoologiques.

Crédit : L. Van Bever, Inforcongo, juin 1946. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.1955.106.252. © MRAC Tervuren.

(Image) Visite officielle, 1950

Le 25 septembre 1950, Francis Cabu fait visiter le musée Léopold II au capitaine José Agapito da Silva Carvalho, gouverneur général de l’Angola. Les c...

Le 25 septembre 1950, Francis Cabu fait visiter le musée Léopold II au capitaine José Agapito da Silva Carvalho, gouverneur général de l’Angola. Les collections réunies par Cabu constituent une part importante du musée, notamment dans le domaine de la préhistoire. Les objets sont présentés suivant une organisation chronologique et comparés à des découvertes provenant d’autres régions d’Afrique et d’autres continents. Cabu cherche ainsi à montrer l’ancienneté de la présence humaine en Afrique centrale et l’existence d’un Paléolithique africain.

Crédit : J. Mulders, Inforcongo, 25 septembre 1950. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.1956.15.9559. © MRAC Tervuren.

(Image) L’« homme-léopard »

Réalisée par Munyonga Mulekwa Mayi, cette sculpture appartient à la présentation ethnographique du musée Léopold II. Elle représente un « homme-léopar...

Réalisée par Munyonga Mulekwa Mayi, cette sculpture appartient à la présentation ethnographique du musée Léopold II. Elle représente un « homme-léopard », sujet également mis en scène au musée de Tervuren. La légende rapporte la croyance selon laquelle des membres déguisés d’une société secrète utilisaient des griffes métalliques pour tuer et un bâton pour laisser des empreintes de léopard, attribuant ainsi leurs actes à l’animal. La figure s’insère dans un parcours associant objets, bustes et scènes figurées, organisé par Burkhart Waldecker selon des classifications anthropologiques, linguistiques et géographiques.

Crédit : Y. Kersten. Sculpture de Munyonga Mulekwa Mayi. Photographie reproduite dans Waldecker, 1959

(Image) Kalunga Mwendanabo

Kalunga Mwendanabo, gardien du musée Léopold II, participe à la constitution des collections ethnographiques en réunissant des objets tabwa. Il rédige...

Kalunga Mwendanabo, gardien du musée Léopold II, participe à la constitution des collections ethnographiques en réunissant des objets tabwa. Il rédige lui-même une notice pour les accompagner. Sa photographie en costume de danse est présentée dans la même vitrine que ces objets. Son intervention fait partie des contributions congolaises mentionnées dans l’article, aux côtés des dons effectués notamment par des souverains lunda, tandis que le classement général des collections est confié à Burkhart Waldecker.

Crédit : F. Dubus, date non précisée. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. EP.0.0.13683. © MRAC Tervuren.

(Image) Instruments à cordes

Cette vitrine illustre l’intérêt de Burkhart Waldecker pour l’ethnomusicologie et son approche comparative des objets. Il y propose une évolution alla...

Cette vitrine illustre l’intérêt de Burkhart Waldecker pour l’ethnomusicologie et son approche comparative des objets. Il y propose une évolution allant de l’arc de chasse aux instruments de musique à plusieurs cordes et à caisse de résonance. Il rapproche également certains instruments congolais de formes connues dans l’Égypte ancienne pour envisager la circulation d’éléments culturels entre différentes régions. Cette présentation expose les hypothèses évolutionnistes et diffusionnistes qu’il mobilise dans l’organisation du musée.

Crédit : Y. Kersten. Photographie reproduite dans Waldecker, 1959

(Image) Musée national, 2010

Le bâtiment photographié en 2010 a été conçu par l’architecte belge Claude Strebelle et construit entre 1960 et 1961 dans le centre culturel d’Élisabe...

Le bâtiment photographié en 2010 a été conçu par l’architecte belge Claude Strebelle et construit entre 1960 et 1961 dans le centre culturel d’Élisabethville. Sa réalisation suscite l’opposition de Francis Cabu et de Burkhart Waldecker, attachés à l’ancien musée. Pendant la sécession katangaise, il sert d’abord de caserne aux troupes suédoises de l’ONU. Les collections subissent des pertes, mais une partie est mise à l’abri puis rapportée à Lubumbashi en 1963. Le bâtiment accueille ensuite le musée provincial du Katanga ; des travaux financés par le gouvernement congolais sont réalisés entre 1972 et 1977.

Crédit : Maarten Couttenier, 1er septembre 2010. Collection du Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren. HP.2011.46.2. © MRAC Tervuren.